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14/09/2018 - LAURENCE BLONDEEL

CONCURRENCE AVEC LES INSTALLATEURS

Cette évolution semble extrêmement positive pour les fournisseurs d’énergie et les instal­lateurs impliqués. Mais qu’en est-il de l’instal­lateur plus petit? Ces petites entreprises pourront-elles survivre sur un marché risquant d’être dominé par les gros fournisseurs?Werk

PLUS QU’ASSEZ DE TRAVAIL

“En regardant le marché des installateurs de chauffage central en Belgique, on observe une marée de près de 12.000 installateurs. Env. 80 à 85% d’entre eux sont des entreprises individuelles, dont la majeure partie sont de petites entreprises familiales travaillant parfois encore de manière très artisanale. Elles rédigent un bon de commande à la main et celui-ci est parfois encore faxé, alors que nous vivons à une ère du numérique. Nous voulons numériser et automatiser l’ensemble de l’activité d’instal­lation. Nous voulons ainsi acquérir une position solide sur le marché, mais même ainsi, nous n’en occuperons qu’une petite partie”, commence Fostier. “Il y a plus qu’assez de travail et je pense qu’à terme, nous pourrons surtout offrir une opportunité à de telles entreprises individuelles désireuses d’embarquer dans le train. Le volet administratif du travail est souvent pénible pour elles et nous pourrons leur offrir une base, une plate-forme via laquelle nous nous chargerons de l’offre, de la vente, du suivi de la facturation et du planning, permettant au petit installateur de se concentrer uniquement sur son activité principale. Nous sommes aussi en train de développer un centre de formation interne où nous pourrons former nos travailleurs afin qu’ils soient toujours au courant des dernières avancées et puissent obtenir tous les certificats et attestations nécessaires. De telles choses exigent toutefois un investissement énorme, qui n’est pas rentable d’un point de vue économique s’il n’y a pas suffisamment de volume dans le groupe. Nous devons créer un vrai effet d’échelle afin que chaque filiale dispose des bons outils pour pouvoir exécuter son travail correctement.” Un grand groupe peut cependant écraser la concurrence en baissant ses prix et en travaillant ainsi en dessous du prix de la concurrence. Chez Cozie et Hardenne, ils ne sont toutefois pas d’accord. “Cela ne doit absolument pas être le but! Aujourd’hui, les gens ne se soucient plus uniquement du prix. Le service est essentiel. Il doit être qualitatif, rapide et correct”, affirme Cams. “Cela ne nous avancerait pas de brader nos services et de travailler avec des ouvriers moins chers ou d’exécuter le travail plus vite ou moins bien. Nous devons offrir en permanence la même qualité. Il y a, par ailleurs, énormément de travail en Belgique. Pourquoi ne collaborerions-nous donc pas? Cela vaut mieux pour tout le monde de ne pas se considérer mutuellement comme des concurrents”, ajoute Hardenne.

LE MARCHÉ EST UNE DONNÉE LIBRE

EDF Luminus voit le marché comme une donnée libre, où chacun peut donner le meilleur de lui-même. “Pour ce qui est du marché résidentiel, nous avons deux propres installateurs et ce, rien que pour le HVAC. Nous collaborons aussi avec quelques petits installateurs auxquels nous donnons du travail de manière structurée dans le HVAC comme dans d’autres branches (sanitaire, fenêtres, électricité, …) dans les régions où nous ne sommes pas actifs. Ce qui est surtout important, c’est que le client bénéficie du meilleur service possible. Pour cela, nous optimisons au maximum dans et entre nos propres filiales et les installateurs indépendants”, précise De Bie. “Le marché pour les nouveaux services en matière d’énergie est vaste et ne fait que croître. Sur un tel marché, il y a de la place pour de nombreux acteurs contribuant ensemble à réaliser un même objectif.” Chez Rami Services, ils ne peuvent que conseiller de surfer sur cette vague. “Je suis convaincu qu’il s’agit d’une bonne évolution pour le secteur. Il y a suffisamment de travail pour tous et c’est justement un avantage d’intégrer un tel réseau en tant qu’installateur. Cela garantit, par exemple, une sécurité de paiement, un allègement administratif, la création de plus de travail, une plus grande portée, etc.“, affirme Hanet avec enthousiasme.

LES ENTREPRISES PLUS PETITES N’EN PÂTIRONT PAS

D’après Lampiris, les installateurs ne doivent pas craindre la concurrence, mais plutôt l’évolution du secteur. Les petites et moyennes entreprises disposent souvent de moins de moyens pour investir dans les formations. Elles risquent ainsi d’être vite dépassées par l’arrivée de nouvelles technologies et donc de pouvoir répondre difficilement aux demandes du marché. Le vrai problème de ces structures est incontestablement leur taille, leur permettant difficilement sur le plan matériel et financier de satisfaire au besoin de formations constantes. Les solutions intégrées regroupent aussi différents éléments du métier, ce qui complique également la tâche de ces entreprises”, déclare Mondet. “Les petits installateurs ne doivent pas se poser en rivaux. Ils subsisteront toujours, car ils auront toujours une relation humaine solide avec leurs clients. Ce sera plutôt difficile pour les entreprises moyennes, car elles devront investir constamment dans les formations et l’encadrement.” WinWatt met surtout l’accent sur le client. “Quelqu’un fournissant du bon travail et prenant soin de ses clients aura toujours du travail. Il y a actuellement une concurrence féroce sur le marché. Chacun cherche une façon de se démarquer des autres. Il ne faut jamais vouloir être le meilleur marché et miner ainsi le marché. Nous nous concentrons surtout sur la qualité et le service. Ainsi, on va plus loin”, conclut Broes.

Windmolens
Le marché pour les nouveaux services en matière d’énergie est vaste et ne cesse de croître. Sur un tel marché, il y a de la place pour de nombreux acteurs contribuant ensemble à réaliser un même objectif