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13/08/2018 - ELISE NOYEZ

LA COMMUNICATION: LA CLE D'UN SYSTEME DE GESTION DU BATIMENT AXE VERS LE FUTUR

UNE QUESTION DE COORDINATION

Les systèmes de gestion du bâtiment intègrent progressivement de plus en plus de techniques. Cela signifie d'une part une complexité croissante et d'autre part un nombre croissant d'acteurs. Néanmoins, c'est généralement toujours l'installateur HVAC qui assume la responsabilité finale. Il doit donc tout gérer dans la bonne direction.

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RESPONSABILITÉ DE L'INSTALLATEUR HVAC

Même si les systèmes de gestion du bâtiment actuels sont plus complexes que les plates-formes d'automatisation d'origine des instal­lations HVAC, ils font encore généralement partie du lot HVAC dans les adjudications et les dossiers d'exécution. Plus encore, dans la plupart des cas, les systèmes de gestion du bâtiment sont prescrits exactement de la même manière qu'une automatisation DDC (Direct Digital Control) traditionnelle. Les fabricants et les spécialistes plaident pour l'ajout d'un lot distinct Automatisation de Bâtiment & Applications, mais tant qu'ils n'ont pas obtenu gain de cause, les systèmes de gestion du bâtiment relèvent de la responsabilité de l'installateur HVAC. C'est donc à lui qu'il revient de réunir toutes les parties concernées et de les coordonner.

LES SYSTÈMES DE GESTION DU BÂTIMENT DANS LES MÉTRÉS ET LES DEVIS

Les spécialistes s'accordent à dire que les procédures d'adjudication laissent à désirer. La norme actuelle, où le système de gestion du bâtiment fait partie du lot HVAC, crée une situation où la distance entre le donneur d'ordre et l'exécutant – fabricant ou intégrateur du système – est inutilement grande. En effet, il y a entre eux le bureau d'étude, l'entrepreneur principal et l'installateur HVAC. Non seulement cela entraîne une diminution progressive des marges et des budgets, mais en plus, cela nuit à l'échange de connaissances (nécessaire!) entre le spécialiste/fabricant et le bureau d'étude. Selon eux, il serait donc beaucoup plus efficace d'ajouter dans les devis un lot distinct Automatisation de Bâtiment & Applications. En effet, cela permettrait aux fabricants et/ou intégrateurs de système de prendre l'initiative dans le développement et la réalisation des systèmes. Cela faciliterait aussi le transfert de connaissance vers les bureaux d'étude.

LES PRINCIPALES PARTIES IMPLIQUÉES

  • Maître d'ouvrage/gestionnaire: le maître d'ouvrage, éventuellement en concertation avec le gestionnaire du bâtiment, donne l'ordre de l'installation et impose certaines exigences ou attentes concernant la fonctionnalité du système de gestion du bâtiment.
  • Bureau d'étude: il conçoit l'installation (HVAC), établit un schéma de principe en fonction des attentes du maître d'ouvrage et établit éventuellement une liste de points avec les inputs et outputs requis. Il transpose la mission et les attentes du client dans le devis de la manière la plus concrète et la plus détaillée possible.
  • Installateur HVAC: souvent, le système de gestion du bâtiment relève du lot HVAC. Par conséquent, c'est l'entrepreneur HVAC qui est responsable de sa réalisation, y compris l'intégration d'autres techniques. Il est fortement recommandé d'impliquer les partenaires et entrepreneurs secondaires nécessaires, même si l'installateur HVAC con­tinue à jouer un rôle-clé en tant que coor­dinateur.
    Autrement dit, il doit rassembler toutes les parties concernées autour de la table le plus tôt possible. Outre la pose de capteurs et de contrôleurs – qu'il peut éventuellement sous-traiter – la réalisation concrète de l'installation HVAC relève évidemment de sa responsabilité.
  • Partenaire en automatisation du bâtiment: pour la réalisation du système de gestion du bâtiment, l'installateur HVAC peut, en sous-traitance, faire appel à un intégrateur de système ou spécialiste en automatisation de bâtiment.
    Sur la base du schéma de principe du bureau d'étude, celui-ci élaborera un pro­jet détaillé du système de gestion du bâtiment et assurer la programmation nécessaire.
    Certains intégrateurs de système sont spécialisés dans certains secteurs – par exemple, les immeubles de bureaux ou le secteur des soins; d'autres offrent des services plus généraux. Quoi qu'il en soit, il est particulièrement important de choisir un partenaire capable de travailler de manière multidisciplinaire.
  • Fabricant de la technique de réglage: outre le partenaire en automatisation de bâtiment, le fabricant doit être impliqué dans le processus le plus tôt possible. Il donnera des conseils quant aux différents composants du système et assumera dans certains cas le rôle d'intégrateur de système.
  • Entrepreneurs secondaires: s'il faut intégrer dans le système SGB d'autres techniques, en plus de l'installation HVAC (électricité, éclairage ou contrôle d'accès), mieux vaut impliquer les entrepreneurs en question le plus tôt possible dans la concertation et la réalisation.
    Non seulement cela permet d'harmoniser les installations, mais en plus, on peut dé­signer les entrepreneurs pour effectuer les interventions nécessaires dans leurs instal­lations respectives.
Kristof Dupon, Building IQ

“UN SYSTEME DE GESTION DU BATIMENT TRADITIONNEL NE SUFFIT PLUS POUR REPONDRE AUX ATTENTES”

Kristof Dupon (Building IQ) voit pour l'avenir un écosystème de données génériques et d'applis de niche

Les systèmes de gestion du bâtiment se sont développés à partir de l'automatisation du HVAC, sur laquelle sont ensuite venues se greffer beaucoup d'autres techniques. Selon l'ir. Kristof Dupon, general manager de l'intégrateur de système Building IQ, cette évolution s'apprête à connaître un tournant. “Petit à petit, les attentes deviennent trop élevées pour des systèmes qui, en fait, sont encore des plate-formes DDC ou SCADA”, dit-il. “Il faut relier tellement de techniques et proposer tellement de fonctionnalités qu'il devient pratiquement impossible de développer un seul système répondant à toutes ces attentes. De plus, il faut plus d'intelligence et d'échange de de données que ce que les systèmes actuels peuvent fournir. Bien sûr, il existe des applis pour répondre à cette nécessité, mais en général, elles ne peuvent pas utiliser les données fournies par les capteurs dans le système SGB. En effet, ces capteurs sont reliés à une technique. Et bien sûr, personne n'a envie d'investir deux fois dans des capteurs.”

Données centrales

Selon Dupon, la solution réside dans la dissociation de capteurs et d'applications au moyen d'une architecture IoT (Internet of Things). “Aujourd'hui, la commande et les interfaces sont centralisées; à l'avenir, c'est les données qui seront décentralisées. Tous les capteurs dans le bâtiment vont directement transmettre leur information à une couche de données centralisée où seront également rassemblées des données externes – météo, … Ainsi, l'information ne sera plus reliée à une certaine technique, mais ouverte à une large gamme d'applications. Cela signifie que l'information d'un certain capteur pourra être utilisée par différentes applications, qu'une certaine technique pourra relier les informations provenant de différents capteurs et qu'il y aura de la marge pour le développement et la connexion de plusieurs applis spécialisées – un format permettant d'intégrer beaucoup plus d'intelligence et un développement plus rapide que les systèmes de gestion du bâtiment classiques.”

Données génériques

Dans le scénario de Dupon, ces données sont collectées et déverrouillées de manière uniforme. “Toutes les informations doivent être stockées de la même manière générique et standardisée,” explique-t-il, “mais cela ne signifie pas que tous les capteurs, commandes et contrôleurs doivent communiquer selon le même protocole. C'est un mal­entendu tenace. Que nous disions qu'il fait 23 °C en français ou en néerlandais, l'information reste la même. Tant que des capteurs, applis et techniques communiquent selon un protocole standardisé – peu importe qu'il s'agisse du protocole KNX, BACnet ou autre – l'intégrateur de système peut assurer une intégration sans problème.”

Intelligence artificielle

Selon Dupon, les systèmes de gestion du bâtiment centralisés vont donc évoluer vers un écosystème de données génériques avec différentes applis de niche. Mais ce n'est pas tout: dans un avenir un peu plus éloigné, cet écosystème va se maintenir. “D'abord, nous devrons mettre en place dans ces applis toutes sortes de règles et de paramètres, comme c'est le cas avec les systèmes de gestion du bâtiment actuel, mais au final, ces systèmes pourront programmer leurs propres règles. Alors l'intelligence artificielle pren­dra le relais.”